Comment réagir face à un élève qui conteste sa note ?

professeur en train de corriger des copies

Comment réagir face à un élève qui conteste sa note ?

Dans la majorité des établissements du secondaire, les évaluations élaborées par les enseignants sont assorties d’une note chiffrée. Chaque professeur décide de la forme, du contenu et de la fréquence des évaluations qu’il soumet à ses classes. Le contrôle des connaissances et des compétences fait partie à part entière du travail mené en classe. À partir des résultats, vous avez « une photographie » du degré d’acquisition de la notion évaluée. Ceci à un moment précis du chapitre ou de la séquence en cours. Le prof a parfois des surprises, les notes obtenues peuvent être décevantes, parfois surprenantes… . Mais, comment réagir face à un élève qui conteste sa note ? Quelle est l’attitude à adopter quand un élève n’accepte pas la notation et remet en question votre travail de correction ?

L’importance de la note dans notre système éducatif

Avant d’aborder le côté concret de la question, faisons un petit tour d’horizon sur le sujet de la note.

Du côté des profs : l’enjeu des évaluations 

Vous consacrez une bonne partie de votre temps en dehors de la classe à corriger des copies. Leur nombre varie en fonction de l’effectif de vos classes et de la période scolaire. La matière que vous enseignez influe également sur le temps de correction

Quoi qu’il en soit, vous êtes dans l’obligation de répondre à la demande d’une notation chiffrée pour évaluer les compétences de vos classes. Notre système éducatif fait encore de la note un repère prégnant pour statuer du niveau scolaire d’un élève. 

En tant que professeur vous avez parfaitement connaissance des retombées que peuvent avoir les bonnes et les mauvaises notes. Pour vos élèves, le moment de la remise des copies est très attendu.

Une tâche importante pour le professeur, est de « fabriquer » le contenu de l’évaluation lui-même ! Que demander à la classe ? Comment équilibrer les exercices ? Comment répartir les points, etc.

Personnellement, j’ai toujours mis beaucoup de temps à concevoir les évaluations. On ne peut que rarement recycler les énoncés d’un devoir. Il faut sans cesse les adapter au regard des activités réalisées avec le groupe. C’est du cas par cas.

L’évaluation finale d’une séquence par exemple se prépare à la fin de celle-ci, lorsque l’on a une vue globale du travail effectué avec le groupe. Plus l’évaluation « colle » aux activités effectuées en classe, plus les résultats obtenus par les élèves seront le reflet du niveau d’acquisition des compétences

Vous connaissez parfaitement le poids ou l’effet que peut avoir une note. Chez un élève, mais également, chez l’enseignant ! En effet, c’est compliqué lorsque l’on se rend compte que ce que l’on demande aux élèves ne correspond pas à ce qu’ils ont appris ou compris !

Rassurez-vous, on se plante tous à un moment donné ! Préparer un cours de collège ou de lycée est compliqué lorsque l’on débute et préparer l’évaluation parfaite n’est pas non plus une science exacte. Il faut du temps pour être à l’aise avec cet exercice.

C’est comme pour tout le reste ! Avec de la pratique, on cible au plus juste ce que l’on peut attendre d’un élève mis en situation d’évaluation.

Du côté des élèves : le poids de la note

Les élèves sont évalués, pour la plupart, avec le système des notes, depuis l’école primaire. La moyenne trimestrielle obtenue par discipline a une grande importance pour eux. Pour certains, l’appréciation que vous apposerez sur la copie ou le bulletin sera secondaire.

La réussite ou l’échec se concentre dans la note. On a beau expliquer que cette note est à lire avec l’appréciation, en fonction de critères, de capacités, etc. On peut dire sans se tromper que pour nos élèves, seul le résultat chiffré compte. Pourtant ce n’est pas tout à fait exact… .

Des notes sont reçues avec joie, d’autres avec déception, d’autres encore avec un sentiment d’injustice. Certaines notes font couler des larmes. Pour beaucoup d’élèves, la réception des notes touche la sphère émotionnelle.

Il est préférable que le professeur réfléchisse au moment (opportun) où il rend les copies ou qu’il délivre la note. Ce moment n’est pas anodin.

Du côté des parents : les effets de la note

Côté parents, c’est plus ou moins la même chose. Ils ont connu eux-mêmes ce système d’évaluation par la note. C’est ancré dans les habitudes. Les bonnes notes sont synonymes de réussite scolaire. Le système les conforte dans cette idée. Pour certaines familles, les résultats chiffrés sont très importants.

Une forte pression est exercée sur les enfants

Mais parfois, cela est contre-productif. J’ai pu constater que certains collégiens sont tellement stressés lors des évaluations qu’ils perdent leurs moyens. En discutant avec eux, on s’aperçoit qu’ils ne s’autorisent pas l’échec et que le discours parental sur les résultats est ultra exigeant.

Les réunions parents-professeurs sont un temps privilégié pour aborder ce type de sujet sensible.

Ce qu’il faut mettre en place pour éviter qu’un élève conteste sa note

Il arrive qu’un élève conteste sa note . Il peut s’opposer à votre notation pour plusieurs raisons. Comme nous ne sommes pas des robots, une erreur s’est peut-être glissée dans le compte des points.

Astuce : demandez à tout le monde de vérifier le nombre de points ET s’il y a une erreur, l’élève vient vous voir à la fin de l’heure. Je précise que je relirai d’abord la partie du devoir concernée et que j’ajouterai le point manquant le cas échéant.

Les élèves sont rassurés et évacuent l’éventualité d’un « vol de points » de ma part.

Il est possible qu’il ne s’agisse pas d’un simple oubli de points. L’élève conteste sa note parce qu’il ne comprend pas pourquoi sa ou ses réponses ne conviennent pas. Certains ont une réaction vive, voire violente verbalement.

Le mieux est de tenter de tempérer les choses en lui signifiant que la séance de correction qui va suivre va l’aider à cerner les réponses qui étaient possibles ou acceptables. Nous verrons un peu plus bas dans l’article que cela ne suffit pas toujours à calmer la tempête et que la situation peut se tendre… .

Établir un barème et des critères de réussite précis

Pour parer à toute protestation, le mieux est d’établir un barème le plus précis possible. Pensez également à formuler les consignes de manière extrêmement explicite. Lisez à haute voix chaque consigne avant que les élèves ne commencent à composer. Répondez aux questions éventuelles, pour clarifier les attendus.

Vous limitez ainsi le risque d’erreurs de compréhension. Lorsque vous préparez l’évaluation, pensez aux points que vous allez attribuer aux réponses. Ces dernières ne sont peut-être pas uniques.

Pensez à ce que l’élève est capable de répondre au vu de ce qu’il a étudié. Si vous introduisez un peu de souplesse dans le barème, vous limitez les frustrations chez les élèves.

Précision : pour une interrogation sur un lexique précis (en français, en langue, en Histoire-Géo…), accepter que les mots de l’élève ne soient pas tout à fait les mêmes que dans le cours simplifie la notation.

Si le sens est respecté, on peut lâcher du lest sur la formulation. On a trop tendance, dans notre système, à traquer l’erreur plutôt que de tout simplement valoriser ce qui est fait. Avec le recul, je pense que lors de mes premières années d’exercice, je notais trop sévèrement la forme.

Donner la note ET faire la séance de correction immédiatement

Pour que chacun comprenne bien le résultat de son évaluation, vous devez prévoir d’effectuer la séance de correction immédiatement après la remise des copies. Il est préférable de donner les explications concernant votre correction, dans la foulée.

Parfois, l’impatience de la classe sera forte et vous donnerez les copies à la fin de l’heure. Faute de temps, vous serez obligé de ne donner le corrigé qu’au cours suivant. L’important est de ne pas faire l’impasse sur ce temps de correction en classe. Cette étape fait partie du temps d’apprentissage. Ce temps de correction est formateur.

Écouter mais ne pas négocier avec un élève qui conteste sa note

Vous pouvez accepter de relire un devoir pour apporter des précisions sur votre notation. Vous écoutez éventuellement les incompréhensions de l’élève, mais attention, il y a des limites. Certains pourraient vouloir parlementer, négocier. C’est hors de question, vous perdriez en crédibilité.

En cas de comportement inacceptable d’un élève, il faut réagir promptement. Ce n’est pas toujours facile. Il peut s’agir d’un débordement subi auquel on ne s’attendait pas. Il peut s’agir de propos insistants sur votre façon de noter.

Vous notez « sur la tête du client », l’élève avait de meilleures notes avec le professeur précédent, on ne comprend rien à votre cours, etc. Toutes sortes de propos peuvent vous faire douter de nos compétences.

Ne tolérez pas ce genre d’attitude et de propos. Vous pouvez immédiatement convoquer l’élève à la fin de l’heure et notifier au minimum un avertissement dans le carnet de correspondance (au collège). Sinon, utilisez les outils de l’établissement : rapport d’incident, rendez-vous avec le professeur principal ou le CPE, passage chez le principal-adjoint.

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Appuyez-vous également sur le règlement intérieur pour sanctionner l’élève si besoin. Dans un cas plus difficile, appeler et convoquer les parents. Cela calme grandement les choses.

Dans toutes les situations, restez ferme et ne manquez pas de faire le point devant toute la classe, autant de fois que nécessaire. Il faut dire et redire aux classes ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas.

La plupart du temps, les élèves acceptent et ne vont pas contester la note qu’ils obtiennent. Cela est d’autant plus facile pour eux, si les objectifs et les critères de réussite de l’évaluation ont été bien précisés.

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